Montréal, le 20 mars 2006
De : Mr AZIZ CHRIGUI , Président de la Fédération Marocaine du Canada
A : Mr ABDELGHANI DADES, Groupe Atlasmedia
Monsieur
Merci de l’invitation qui nous est adressée à moi et à l’ensemble du conseil d’administration pour la conférence - débat du 24 mars 2006.
Nous ne sommes pas gens de peu de politesse, mais permettez moi monsieur de vous faire part de ma surprise et de mon étonnement. En quel honneur devenons-nous subitement dignes d’invitation? Je ne voudrais en aucun cas qu’une telle activité, il en va de l’image du Maroc, ne soit entachée par la présence de personnes "si peu recommandables" que moi et le conseil d’administration de la FMC. C’est du moins ainsi que nous sommes décrits et vilipendés sur votre site web depuis trois mois!
Je ne voudrais pas verser dans la polémique stérile, la FMC s’en est toujours abstenu. Mais il me parait important de rappeler quelques faits et leur chronologie.
§ * Le 21 décembre 2005 se tenait l’assemblée générale de la FMC .vous nous avez fait la courtoisie de présider cette assemblée, vous étiez par conséquent au premières loges pour juger du sérieux et du bon déroulement du processus. Vous n’étiez d’ailleurs pas le seul de votre groupe, puisque deux de vos confrères du même groupe étaient conviés.
Le lendemain votre consoeur, présente la veille a l’assemblée, diffusait sur votre site un texte dont la malhonnêteté n’avait d’égal que le fiel. Loin de rapporter les faits dans leur exactitude et leur déroulement comme le ferait une personne soucieuse d’informer notre communauté, votre consoeur tissait un fatras de mensonges, de faussetés et d’omissions. Non seulement ni vous ni votre collègue n’êtes intervenus pour corriger la chose, pire encore, ce texte figure toujours en bonne place dans votre site.
* Dans les jours qui suivirent, un site était spécialement ouvert pour y verser des commentaires des plus diffamatoires sur la FMC et sur ma personne. Ce site est ouvert jusqu'à ce jour. Le contenu en est éloquent, autant sur les scribouillards en mal de littérature, que sur le sacro-saint respect de la liberté d’expression de ceux qui filtrent les courriels.
* Durant la période des fêtes de fin d’année, deux émissions de radio successives ouvraient l’antenne aux auditeurs, le sujet du jour étant; la FMC. Ce fut une cacophonie intarissable et immanquablement hostile, passant des bougonneur contre tout, aux petits copains, à ceux qui voulaient dissoudre la fédération des mauvais marocains, au petit ami constamment au bout de la ligne réagissant au moment opportun. Il y eut bien sur l’intervention de quelques honnêtes hommes, soigneusement écourtées, il est des « libertés d’expression » qui se vendent mieux que d’autres!
Il y’a près de deux mois nous nous retrouvions vous et moi, Mr Dades. Vous me faisiez part du projet de la conférence du 24 mars, conférence que vous annonciez le 21 janvier à la rencontre avec SE Mr Tanji ambassadeur de sa Majesté. Vous m’expliquiez que cette conférence ne pouvait se tenir sans la collaboration de la FMC. Je vous invitais à mettre de côte notre amitié vieille de quelques années et à débattre entre président de la FMC et représentant d’Atlas media. Je vous faisait déjà part de mon étonnement de votre invitation à collaborer et vous exposais toute ma désapprobation quant au traitement que vous réserviez à la FMC. Vous m’expliquiez alors, mon cher Mr, que les dérives de votre collègue étaient à mettre sur le compte de l’inexpérience, que les dérapages à la radio étaient du même ordre et qu’une réorganisation de votre équipe était en cours. Même si vos arguments étaient des plus légers, la considération que j’ai pour vous m’imposait de réviser la distance que nous avions choisi de garder au vu de vos pratiques. Vous me promettiez, de vive voix, de retirer dans les jours qui suivaient, les inepties écrites à notre sujet, figurant dans votre site.
Je transmettais le contenu de nos échanges au conseil d’administration. Nous réitérions notre ligne de conduite de ne jamais réagir aux inepties et insignifiances, fussent elles insultantes et diffamatoires! Nous prenions tous acte de votre parole et de votre engagement. Force est de constater que jusqu'à ce jour, cher Monsieur, il n’en est rien.
Si je sors de ma réserve aujourd’hui, c’est avant tout pour défendre la réputation des femmes et des hommes du conseil d’administration de la FMC. Ces personnes ainsi que nos membres, nos associations affiliées, nos associations partenaires, sont exemplaires par leur dévouement aux intérêts de notre communauté. Ce sont des gens de bien, mus par l’intelligence du cœur, ne monnayant jamais leur générosité, porteurs des valeurs ancestrales de notre culture (droiture, honnêteté, probité, abnégation, respect, sérieux, rigueur), et qui, a tout égard sont dignes de respect. Ce respect est celui qui se doit à tout membre de notre communauté, nul ne peut en faire l’économie, surtout lorsqu’on prétend au privilège d’informer. Si je ne m’abuse le métier d’informer est bien soumis à un code d’éthique, et si ce code ne dicte pas l’honnêteté, il impose à tout le moins une certaine rigueur.
Ne vous y trompez pas, notre réserve et notre silence sont bien le témoignage de notre respect pour cette jeune communauté qui a besoin de toutes ses forces pour accéder à la place qui lui revient dans cette société multiculturelle. Cette communauté doit être protégée des clivages pervers et des calculs bassement mercantiles. j’en appelle à la responsabilité de tous, faute de quoi les luttes intestines qu’ont vécues nos communautés établies en Europe et qui nous menacent, nous mèneront immanquablement aux mêmes dérives. C’est cet impératif de cohésion ajouté à notre respect de notre communauté et à notre respect de nous même qui nous dictent notre conduite et notre réserve.
Monsieur Dadès, je m’adresse à vous et à votre groupe et vous invite à un minimum de cohérence. Sous d’autres cieux on vous dirait que vous ne pouvez embrasser la main que vous mordez. Ou bien nous sommes la secte hermétique de malfrats dirigée par un Shiva tel que décrit sur votre site, et votre invitation est des plus incongrue. Ou bien nous sommes des gens honorables qui devraient « vous honorer » de leur présence, selon vos propres termes, et il serait cohérent et fort à propos de nettoyer votre site des diffamations a notre encontre. Il est bien entendu que cela ne réparera en rien le préjudice que vous nous avez cause depuis trois mois.
Par conséquent nous exigeons le retrait immédiat des commentaires de votre collègue et des autres commentaires sur votre site. Un délai de 24 h est amplement suffisant pour cela. Si tel n’était pas le cas, nous en tirerions les conclusions qui s’imposeront.
Nous exigeons également la diffusion dans votre journal, sur votre site et sur les ondes de votre radio d’un commentaire corrigeant la situation. Le texte devra faire l’objet d’une entente préalable.
Nous demeurons confiants Monsieur Dades dans votre savoir vivre et dans votre capacité à guider vers la voie de la raison. Recevez, Monsieur, nos cordiales salutations.
Mr. AZIZ CHRIGUI
Président, FMC
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